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Le mois de Mai, mois de tous les dangers  !

Au verger, le mois de mai est un mois délicat, de tous les dangers, avec une météo capricieuse et le réveil des ravageurs.

Tout cela peut se conjuguer et induire des aléas dans le développement des jeunes bourgeons encore herbacés qui apportent les nutriments aux fruits en formation.

Avec le rallongement des heures d'ensoleillement, la végétation est magnifique tout autour de nous  En mai, fais ce qu'il te plaît dit le proverbe.

Au verger comme au jardin, nous aurions plutôt la tentation de regarder l'embellie du printemps.

Evitons de devenir des contemplatifs fascinés par un spectacle apportant le renouveau à profusion.

Bien vite le verger risque de nous échapper, il faut se remettre au travail.

La lutte contre les ravageurs, l'éclaircissage, le pincement des bourgeons seront nos préoccupations prioritaires.

La lutte contre les ravageurs

Nous avions des résultats probants dans notre lutte contre les pucerons avec des traitements phytosanitaires, maintenant

en utilisant des plantes aromatiques de grand développement provoquant la confusion olfactive à l'encontre des pucerons (*)

mais il est particulièrement difficile d'éviter les dégâts dus au carpocapse du pommier et du poirier.

Cet insecte est un papillon qui se nymphose dans la terre au pied de votre fruitier. Il hiverne ainsi abrité dans des végétaux creux ou dans les aspérités de l'écorce.

Son cycle

carpocapse carpocapse larve de carpocapse

Papillon de nuit, dès que les températures du soir atteignent 14°-16° les femelles s'accouplent et pondent des œufs sur les fruits en formation et à leur périphérie.

La période d'incubation est de 8 à 21 jours. Dès que le petit ver apparaît, après quelques jours d'errements, il pénètre dans le fruit,

soit au contact de deux fruits, d'une feuille et d'un fruit ou au niveau de l'œil.

Il peut rester plusieurs semaines dans le fruit, creuser des galeries et un  trou pour propulser au dehors ses déjections.

Il perturbe ainsi l'arrivée des nutriments dans le fruit ( qui peut tomber).

Arrivé sur le sol, le vers retournera en terre pour se nymphoser et refaire une ou deux générations jusqu'à l'automne.

Oïdium Les maladies cryptogamiques auront été traitées préventivement en hiver. L'oïdium réapparaît maintenant principalement activé par l'alternance d'humidité et de chaleur. On le décèle en retournant les feuilles de jeunes bourgeons flétris et envahis de poudre blanche. On les coupe en prenant soin de les détruire hors du verger. Le fruitier doit être traité avec des produits à base de soufre mouillable. La pulvérisation, avec discernement, de purin de plantes fortifie les arbres et leur permet de mieux résister aux maladies. Attention, pas de bouillie bordelaise sur les jeunes feuilles très tendres de vos fruitiers, seules, celles de la vigne la supportent.

L'éclaircissage


Son but est de récolter des fruits plus gros, plus colorés, plus savoureux et d'atténuer l'alternance.
Bouquet de pommes
Eclaicissage

éclaicir

C'est une opération qui consiste à éliminer sur les pommiers les petites pommes qui sont positionnées autour de la partie centrale du corymbe ; sur le poirier, au contraire, on conservera la « poirette » la plus grosse qui est décalée sur le coté.

Eclaircissage Ce sont les feuilles et la photosynthèse, induite par l'énergie solaire, qui vont apporter les hydrates de carbone principalement actifs dans le grossissement des fruits. Si les feuilles peuvent apporter 400gr de nutriments à un corymbe de 5 fleurs, il y répartition de la nourriture avec l'obtention de petits fruits. Si on ne laisse qu'une seule pomme et si sa variété le permet, elle pèsera plus de 300g

Le pincement

Il se pratique en même temps que l'éclaircissage. On se contentera en mai de pincer très court (à deux feuilles)
le bourgeon qui accompagne toujours la formation des fruits. Cela assurera la production de l'année suivante
et concentrera l'arrivée de la sève sur les fruits sélectionnés.
 
Comment lutter contre les vers
des pommes et des poires


Par la lutte intégrée en conjuguant plusieurs actions : installer des nichoirs à mésanges et gites à chauve-souris, mettre des poules en liberté sous ses arbres, attirer (par la plantation de graminées et d'ombellifères) des insectes auxiliaires qui parasitent leurs larves, créer la confusion sexuelle avec des diffuseurs de phéromones, installer des plaquettes engluées, pulvériser un produit biologique de contact qui parasite les larves en leur inoculant un virus spécifique,

ensachage

Ensacher les fruits au moment de l'éclaircissage, installer début août sur le tronc, à 20cm du sol, des bandes de carton ondulé pour récupérer les larves nymphosées et les détruire, ramasser les fruits véreux dès qu'ils tombent.

nichoir à mésanges
Auteur  : Claude Ollivier Texte publié dans le Magazine le Républicain de l'Essonne    le 14 Mai 2009, sous la rubrique Jardin.

Photos  H Fourey  et  Yves Rainisio  05/2009 Tous droits  réservés
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